Le collège Beurnonville, un lieu chargé d'histoire...

Historique

L'emplacement a d'abord été occupé par des religieux. C'est en effet à cet endroit que les Oratoriens adversaires des Jésuites installent au XVIIème siècle un couvent délaissé dès la Révolution Française.

C'est au XIXème siècle que l'édifice actuel prend toute sa splendeur. Ce sont des soldats qui vont succéder aux religieux.

En 1849, Napoléon III fait poser la première pierre de cette caserne. En 1851, le bâtiment peut recevoir 735 militaires.

Après la guerre de 1870, Troyes devient une ville de garnison. Le gouvernement veut des armées plus importantes dans les départements proches de ceux occupés par l'Allemagne (Alsace Moselle). En 1877, la caserne est agrandie. Elle reçoit deux régiments d'artillerie de 1 300 hommes et 800 chevaux.

Nous en avons une description dans l'ouvrage d'André Seure-Hanot : « Petite histoire des casernes Troyennes. ».

Deux bâtiments de 80,65 m de long, sur 14,57 m de large avec trois étages éclairés par dix-neuf croisées sur les deux faces. Treize arcades en bas. Hauteur totale : 21,63 m.

Au rez de chaussée, se trouvaient les cuisines, lavabos, réfectoires, cantines, salle d'escrime, de boxe, de danse et de rapport. Les étages sont réservés aux chambrées et aux bureaux des compagnies.

Pierre Riel - Marquis de BeurnonvilleC'est en 1887 que la caserne prend le nom de Beurnonville du nom du Général en chef sous le Directoire qui participa à la journée du 18 Brumaire et qui sous l'Empire devint sénateur. Louis XVIII le nomma Maréchal de France. Il termina sa vie à Paris où il mourut le 22 avril 1821. Son nom a été jugé digne d'être gravé sur la face nord de l'Arc de Triomphe.

1902 : mise en place du 1er bataillon de chasseurs à pieds commandé par Emile Driant. Il participe en 1914 à l'occupation des cols des Vosges.

1er BCP de Chaumont caserne Beurnonville

Début 1916, il est engagé dans la fournaise de Verdun puis participe à la Bataille de la Somme.

1923, après la Grande Guerre (1914-1918), la ville veut faire de Beurnonville une école nationale et la revend à l’État. Le projet est abandonné et l'édifice se dégrade.

En 1932, l'ordre est donné de démolir le bâtiment, mais le maire s'y oppose.

Après 1936, arrive le 1er régiment d'auto mitrailleuses mais la caserne est à nouveau vide dès 1939.

1945, les derniers militaires à occuper ces lieux sont les FFI qui en chassent les Allemands.

C'est en 1949 que la caserne voit son utilisation évoluer, elle est destinée à l'enseignement et à l'administration.

En 1964, le collège Beurnonville ouvre ses portes et de nouveaux acteurs l'occupent.

L'établissement a été rénové entre 2000 et 2012 par le Conseil Général. Sa vocation de lieu historique se perpétue, à l'heure actuelle l'histoire est toujours présente , Yvette Lundy, ancienne résistante et déportée champardenaise y rencontre depuis deux ans des élèves toujours tournés ,dans ces lieux rénovés, vers leur Histoire....

Point Actu : la grande guerre

L’historique du 47e Régiment d’Infanterie Territoriale, raconte, dans le style « patriotique » de ce genre de récit, les premiers mois de guerre :

« Le 5 août 1914, le régiment est rassemblé à la caserne Beurnonville, à Troyes, pour l’heure solennelle de la présentation au drapeau. Tous ont devant les yeux l’emblème sacré qui éveille dans les cœurs les idées généreuses de sacrifice pour la sauvegarde des foyers menacés et l’honneur de la patrie. En ses plis tricolores semble flotter une âme nouvelle, celle du régiment qui animera les pages qui vont suivre.

Nos braves sauront l’y retrouver avec ses enthousiasmes et ses amertumes dans les bons comme dans les mauvais jours.

À partir de cette heure émouvante, chacun se sent prêt à affronter les dangers du champ de bataille. Mais l’heure du départ a sonné.

Le 6 août, les bataillons s’embarquent en chemin de fer à la gare de Troyes-Croncels à destination de Toul, point de concentration. On quitte les plaines de l’Aube, bientôt apparaissent les éperons lorrains dont l’organisation doit faire les bastions qui arrêteront la ruée germanique. Sous le ciel embrasé d’été, tout paraît encore calme. La Lorraine semble se recueillir avant l’orage prochain. »

Un nom, un homme, un soldat : Jules Leteur, Poilu de Suilly La Tour, Nathalie Kovarcik, Editions Findakly, Collection : Décaèdre, 30/06/2006.

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Collège Beurnonville
58 rue Turenne
10000 Troyes
03-25-83-13-20
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